Logiciel libre : analyse des modes de création de connaissance comme source d’innovation
Guillaume Blum et Mehran Ebrahimi (Université du Québec à Montréal)
Depuis la fin du siècle dernier avec l’émergence de l’économie du savoir, l’innovation a pris une importance capitale dans le domaine économique, car elle est considérée comme son principal moteur. De cette nécessité d’innover, est née dans les années 90 la gestion des connaissances. Cette dernière est divisée en 2 écoles de pensée : d’un côté, les tenants d’une approche technologique, de l’autre côté celle d’une approche que l’on peut qualifier de plus organisationnelle, centrée sur l’individu. Les partisans de l’approche technologique privilégient les outils, les procédures, la codification des données. Les partisans de l’approche organisationnelle privilégient quant à eux les personnes et les relations qu’elles peuvent nouer. De par son appartenance aux NTIC, le milieu du logiciel est souvent dominé par les défenseurs de la première école. Pourtant, pour les défenseurs de l’école organisationnelle, la prédominance de l’outil sur l’individu se fait au détriment de la création de nouvelles connaissances. Ce n’est pas parce que le milieu est technique qu’il ne peut être géré uniquement suivant des considérations techniques. Le logiciel libre fonctionne quant à lui suivant une logique qui lui est propre. Il a sa propre écologie. Or le milieu est particulièrement innovateur par rapport à l’industrie classique du logiciel. En exposant les résultats de notre recherche, nous montrerons que dans le secteur du logiciel libre, la création de connaissance a lieu grâce à des pratiques et des valeurs correspondant davantage à la deuxième école de gestion de connaissance qu’à la première.
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