Axe 1 : Logiciels libres et formes d'engagement citoyen
Responsable : Guillaume Blum, chargé de cours, Département de management et technologie, doctorant en administration, UQAM
L’objet de recherche privilégié ici est la façon dont la conception et l'usage des technologies de l'information deviennent progressivement l'objet d'une critique. Le modèle du logiciel libre – free software ou open source – constitue un cas emblématique de cette dynamique. Le modèle du logiciel libre propose que le code source du logiciel soit librement lisible, modifiable et réutilisable par tous. Ce modèle a suscité, ces dernières années, un mouvement de coopération à l'échelle internationale qui a permis la production de nombreux logiciels dont quelques-uns rivalisent aujourd'hui avec les produits commerciaux.
Par ailleurs, de nombreux acteurs justifient explicitement leur engagement dans le monde du libre à partir d'une éthique du partage des savoirs. Ils articulent parfois leur engagement avec d’autres types de revendications sociales ou environnementales. Nous cherchons à saisir la façon dont ces acteurs attribuent eux-mêmes une dimension politique aux technologies de l'information.
Ainsi, ils proposent de considérer les technologies comme l’objet d’enjeux politiques et de controverses sur lesquelles les citoyens peuvent et doivent se prononcer politiquement. D'un point de vue théorique, notre démarche s'inspire des approches pragmatiques dans l'étude des sciences et des techniques (science and technology studies – STS), en particulier la théorie de l'acteur-réseau et les approches féministes de la technologie. Ainsi, nous ne considérons pas les technologies de l'information comme des formes stabilisées et séparées du social. Nous appréhendons plutôt les technologies comme des « assemblages » – plus ou moins stabilisés et socialement contestables – de matériaux physiques (hardware) et de pratiques humaines collectives traversées par des rapports économiques, culturels et des rapports de genre.
Concernant nos travaux empiriques, nous privilégions les approches participatives ancrées dans la situation québécoise. Nous avons pris comme point de départ l'étude des groupes associatifs (groupes communautaires, organisations sans but lucratif, partis politiques) qui souhaitent intégrer la question du logiciel libre dans la définition de leur mission sociale. Nous cherchons à comprendre les interactions entre ces acteurs communautaires et l’ensemble de la collectivité québécoise.
Projet en cours :
- « Un recensement de la communauté du logiciel libre au Québec » (piloté par Stéphane Couture, 2008)
Projet terminé :
- « Les militants du code : innovations sociales et techniques de petits collectifs orientés vers les coopérations informationnelles » (Serge Proulx, Stéphane Couture, Anne Goldenberg, Julien Rueff, Alison Powell, Nicolas Lecomte, Christina Haralanova : CRSH, 2006-2009)
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